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Par Djamile MG

Diamant Noir a toujours été un modèle de parcours, de résistibilité par rapport au temps, aux critiques, et aux contraintes de l’aventure en groupe, entre compromis, et concours de circonstances. De ce fait, le duo a toujours su imprimer une marque de lien soudé, et de proximité indéfectible.

Amir El Presidente a annoncé que son premier single parlerait de sa responsabilité dans la séparation de DN. Revenons sur plusieurs actes et actions, posés par Amir,  qui aurait pu contribué à installer un malaise grandissant, au fil du temps…Pour savoir lesquels, il faut lire…

La signature à Moov et la preuve d’une désolidarisation

 

Que savez-vous de la notion de fraternité ? Mieux : comment percevez-vous la question de gémellité ? Ce sont des interrogations dont les réponses peuvent vous guider dans la compréhension de ma logique concernant Diamant Noir.

S’il est vrai qu’ils ont tout le temps clamé leur lien si éternel. S’il est vrai que, (et je l’ai montré dans mon précédent article à ce sujet), Amir a souvent semblé, plus enclin à témoigner son attachement à Anouar, plus qu’Anouar n’a su le faire publiquement ; il est donc évident que les choix d’Amir devraient en permanence être plus judicieux, en ce qui concerne le groupe.

Dans ce cas : Comment donc s’explique, qu’il accepte, en sa faveur et sur son unique personne, un contrat d’égérie pour l’une des plus grandes structures de téléphonie mobile de notre pays ? Comment, quand on sait que sa visibilité : il l’a doit au travail d’ensemble de Diamant Noir, et non à sa seule personne ? Comment, quand on sait qu’un tel contrat implique publicités, affiches outdoor, diffusions sur les réseaux sociaux et autres éléments de communication en grandes pompes ? D’où : Focus sur lui, et effacement de Anouar ! Comment peut-il l’accepter, quand on sait aussi, que financièrement un tel contrat aurait pu être rentable pour le duo, et qu’il aurait donc reçu lui tout seul, un cachet optimal pour son rôle d’égérie ? Comment, alors qu’il n’était jusque-là, pas question de dislocation du groupe ?

Où est donc passée la notion d’unité ? Où est passé le concept d’indivisibilité ?

De ce fait, on a l’impression qu’à partir de 2014, la notion de « faux frères vrais jumeaux » a davantage pris le sens d’un atout décoratif et mémoratif pour Amir, qu’autre chose. Parce que sinon, n’aurait-il pas osé refuser un tel contrat si Anouar n’est pas impliqué ? N’aurait-il pas pu forcer astucieusement la main à Moov, si tant est que la structure tenait à l’avoir ? D’autant qu’en termes d’images et d’impact sur la jeunesse, la présence du duo Amir – Anouar, interpelle mieux que sa seule tête ! Non ?

De ce fait, reposons donc ces questions : Que savez-vous de la notion de fraternité ? Mieux : comment percevez-vous la question de gémellité ?

Bon ! Ne cherchez pas trop loin : C’est flagrant et populaire que ces notions sous-entendent le message selon lequel, si nous avons un lien soudé à notre frère, nous en sommes le gardien. Autrement dit : on est censé le défendre quoi qu’il arrive, on est censé penser à lui autant qu’à nous-même. Et cela, encore plus, quand on est dans un groupe artistique dont la configuration s’apparente à celle de Diamant Noir.

A partir de ce moment, quand on prend en compte l’engagement d’Amir avec Moov, sans Anouar, on peut y dénoter, une sorte de déloyauté, une sorte d’infidélité à la notion d’ensemble, une sorte de trahison au serment du patrimoine commun qu’est Diamant Noir.

Du coup, c’est comme si le « moi et moi tout seul », est devenu le slogan du El Presidente. Et ce n’est pas son désintéressement à la carrière solo d’Anouar qui le démentirait !

L’entame de la carrière solo d’Anouar, et l’absence d’implication d’Amir

Soyons clair : qu’Anouar ait entamé sa carrière, peut sous-entendre des choses. De sorte à léser silencieusement peut-être Amir. Et lui : ne l’ayant pas extériorisé sur le coup ; peut-être par retenue, peut-être par trouble, peut-être par incapacité d’exprimer clairement ce qu’il pense sans laisser entendre des insinuations ; l’a fait savoir inconsciemment ou consciemment.

Comment interprétez-vous, le fait qu’à la sortie des premiers projets de Baba (Anouar), Amir, qui est quand même très connecté, très suiveur de l’actualité musicale urbaine de son pays, très attentif aux informations concernant son crew ; ait relayé à peine le travail d’Anouar ? Comment comprendre un tel désintéressement, alors que, même en dehors du cocon Diamant Noir, il est de sa responsabilité en tant que El Presidente, d’œuvrer à la viabilité, et la visibilité des travaux de sa team Cotonou City Crew. Normal non ? On n’est pas El Presidente juste pour le titre kabi ? Ça implique de grands devoirs envers chaque membre ; d’autant qu’il y va de la crédibilité de leur travail d’équipe. Bon alors : on est d’accord ! Y’a un truc pas net là !

Au-delà : n’est-ce pas qu’il relève d’une preuve d’estime, de respect du travail de son « frère, jumeau », que de l’appuyer dans sa nouvelle dynamique de carrière ?

Au nom de quoi diriez-vous ? Et je vous répondrais : au nom du parcours fait ensemble, au nom des paroles d’affection exprimées l’un à l’endroit de l’autre, au nom des galères du départ, au nom de la simple amitié en dehors du rap !

Pourquoi donc Amir ne s’est-il pas impliqué s’il n’avait pas déjà nourri dans la tête comme dans le cœur, un sentiment qui insinue une posture de Ponce Pilate (vous savez ! Celui qui se lave la main quand le Christ est envoyé à l’abattoir par le peuple), ou de désaveu avoué par son inertie ?

Enfin, avez-vous constaté que c’est seulement, depuis que, Amir a voulu sortir son projet solo, qu’on a davantage assisté à un grossissement du débat autour de leur séparation de groupe ? Or, à aucun moment, quand il s’est agi de l’entame de carrière de Baba (Anouar), il n’a essayé de faire comprendre aux gens, ou faire admettre dans la conscience collective, que désormais : ‘’ Diamant Noir, c’est de l’histoire ancienne ‘’.

Il s’est contenté de travailler sa musique, de la faire entendre, et d’oser vouloir s’exporter. Comme quoi ; la démarche d’Anouar, est tout le temps resté artistique. Pourquoi celle d’Amir paraît, plus polémiste ?

C’est à croire que c’est exactement ce qu’il souhaitait depuis, et qu’il n’attendait que, d’avoir le bon moment pour le manifester à fond. Sinon, pourquoi il va jusqu’à y consacrer un single, avec un clip en préparation à l’appui ? Serait-ce une sorte de boulet dont il tient coûte que coûte à se débarrasser afin de sembler libre ? Ou serait-ce une façon propre à lui, d’envisager, pouvoir se dire, et pouvoir faire dire : qu’il est devenu meilleur après le groupe ?

L’égo du rappeur ou la prétention d’être devenu meilleur

 

Une chose est évidente : ces dernières années, Amir a énormément performé, et s’est rapidement adapté aux contextes actuels du rap mondial et au pays. En témoignent : ses featurings avec la nouvelle génération, son contenu textuel, la présence dans son écriture des références du langage du moment, son feeling, sa technique, son style vestimentaire… En gros : c’est l’un des rares à être rappeur d’avant, qui a su se renouveler pour rester un artiste si présent maintenant.

Conscient lui-même de tout ça, il est bien possible, connaissant, sa personnalité prioritairement recentrée sur elle-même, explicitement égotiste voire individualiste ; qu’il considère que laisser le spectre du groupe ‘’ Diamant Noir ’’ planer en permanence autour de sa personne, ce serait comme saper tous les efforts personnels consentis, toutes les heures de travail utilisées à essayer d’être à la hauteur du temps qui passe, et des tendances qui se refont ou vont vite, tous les sacrifices intimes qu’il s’est intimé.

En plus, en tant que rappeur, qui, spontanément, considère être le meilleur, afin de se doper le moral, et de continuer à rester compétitif ; il apparaît que, Amir, a envie qu’on voit toute la propension de ce dont est capable aujourd’hui, sans tout le temps devoir le comparer à son alter-égo Anouar. D’où probablement, cette satisfaction, d’avoir œuvré d’une manière ou d’une autre, à la séparation de Diamant Noir.

Finalement, il faut croire qu’une fois posé, le principe de liaison et de relation fidèle de Diamant Noir ; gage de leur maintien dans les mentalités, et dans les arcanes de la musique urbaine béninoise ; ne remet pas en cause la vérité selon laquelle, à long terme, le cheminement en groupe, semblait être devenu étouffant pour chacun, moins enthousiaste qu’au départ, moins fervent, moins dynamique, moins précieux, qu’à l’époque où la formule « faux frères vrais jumeaux » claquait et se justifiait pleinement.

C’est dire que, chacun en ce qui le concerne, a, sa part de responsabilité dans la séparation du groupe, et que seul l’avenir déterminera, s’ils parviennent à se retrouver sur le chemin de la passion. En attendant, il ne nous reste alors, qu’à suivre de près, leur carrière respective …

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