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Nouvel entretien, nous partons à la redécouverte de l’un de ces artistes africains à large vision, spécialistes de  culture et rap africain. « Le Prince de Cotonou » est toujours opérationnel pour ceux qui pensent le contraire. Bien que discret, Nasty Nesta est plus que jamais au cœur du showbiz Africain. Artiste, initiateur de la marque de streetwear ATHD, CEO de l’Agence de communication « Point Com », il a participé activement à l’organisation du Festival WAHH 2017. Nous sommes partis à la rencontre de ce Leader de la culture urbaine africaine qui nous dévoile des exclusivités inédites sur sa carrière, la préparation de « Noubiyoyo 9/9 », son nouvel album solo et encore. Interview fleuve, assez ouverte avec un passionné de Rap Africain et entrepreneur dans l’âme.



 

Bonjour Nasty Nesta. Pas besoin de te présenter aux fidèles internautes de cotonouboy.com, comment se porte le Prince de Cotonou ?

Nasty Nesta : Bonjour à tous ! Ça se passe à 100 à l’heure, c’est ça qui est bon

 

Aux dernières nouvelles, tu es resté plutôt silencieux musicalement parlant. Peut-on dire que Nasty Nesta s’éloigne de la musique ?

Nasty Nesta : Effectivement en solo je n’ai plus eu d’actualité depuis 2015 je crois. Ma dernière sortie officielle était « show me luv ». Mais entre-temps j’ai bossé sur pas mal de choses en rapport avec la musique. Un album avec CCC, 2 éditions du festival WAHH à COTONOU, une série de concerts Live, du développement d’artistes, la gestion de l’Agence Point Com’ et le développement du média COTONOUBOY.COM, ma marque ATHD, toi-même vois c’est pas mal déjà !

 

Ton dernier morceau « Je ne suis qu’un homme » en feat avec ton crew le CCC,

Tu avais encore déchiré sur le refrain. Quels étaient les retours du morceau ?

Nasty Nesta : Merci pour le compliment ! Faut dire que L’Instru de Mike Bangerz m’avait grave inspiré. Quand tu travailles avec des producteurs chocs les instrus arrivent à tirer le meilleur de toi sans forcer. Les retours ont été super positifs ! Je pense que de tous les morceaux qu’on a sorti le long de notre carrière avec le CCC c’est le deuxième après TEKPAMANCHE qui ait fait l’unanimité.

 

Dernièrement, dans un post sur ton compte officiel on te voit en studio et tu mets en légende « NOUBIYOYO » ou #9_9 . Lâche-nous des détails.

Nasty Nesta : Haha ! Tu as vu juste. Quelque chose se prépare. Un projet intitulé Noubiyoyo (#9) sortira le 9/9. Noubiyoyo veut dire en langue fon « Tout est neuf » « Everything Brand New ». Sur le contenu du projet j’ai bossé avec des producteurs talentueux : L’incontournable Marshall Cyano, mais aussi JK BEATZ qui est un producteur/chanteur de Cotonou super talentueux qui m’a laché deux tracks lourds, LMT, Le camerounais Storm Skillz qui à produit le morceau NOUBIYOYO. Il y aura 9 nouveaux titres, 9 invités, délivrés le 9 du 9eme mois de l’année 2017. Au niveau des invités, j’ai collaboré avec SESSIME, MASTA JUST, NIKANOR, FANICKO, AMIR, BSYD, KEURBLAAN, AYAMEY, et 100MAK .  Ce sera également l’occasion de célébrer mon anniversaire avec mon public.

 

Beaucoup de jeunes talents émergent aujourd’hui en Afrique de l’ouest comme Eddy Mufasa, Flash Marley au Togo, Vano, Keurblann au Bénin ou Fanicko déjà confirmé. Quel regard portes-tu sur ces nouvelles générations du rap ? Sur quels artistes comptes-tu ? Penses-tu qu’ils seront capables d’assurer une relève ?

Nasty Nesta : Les scènes rap Béninoise et Togolaise sont très dynamiques et prolifiques. Il y a vraiment du talent, et je pense que la relève peut être assurée. Pour pouvoir aller plus loin la professionnalisation est indispensable aujourd’hui, il faut créer le marché sur lequel tous ces talents vont exister. Nous travaillons avec Amir sur la création d’une structure de management et de développement artistique afin de pouvoir offrir des opportunités intéressantes de développement de carrière aux artistes du Bénin et du Togo, leur permettre de discuter sur un pied d’égalité avec les marques, les promoteurs…

 

En effet, tu as bâti la plupart de tes activités autour de la culture urbaine. Aujourd’hui ton agence Point Com intervient activement dans le showbiz béninois. Quels sont les activités de la structure et quelle est ta vision derrière ?

NastyNesta : A la base nous sommes une Agence de communication Digitale. Mon background d’entrepreneur culturel m’a poussé à positionner l’Agence sur des Events Hip Hop ou Culturel. Nous sommes également propriétaires du média COTONOUBOY.COM qui fait la promotion de la culture urbaine Africaine. « Point Com’» est également coorganisatrice du festival WAHH au Bénin et l’Agence qui s’occupe de la com’ du CCC et nous avons la chance de travailler sur des stratégies d’autres artistes également. La vision est de profiter de ma position pour donner le plus de visibilité au Hip Hop en tant que Mode de vie, et le professionnaliser avec l’expertise acquise au cours de ces années.

Mais nous ne sommes pas cantonné au showbiz et aux évents culturels ; Ce n’est pas forcément rentable par ici c’est plus de la passion et des sacrifices pour la culture.

Nous offrons nos services à une clientèle variée qui est parfois aux antipodes du monde culturel.

 

Le WAHH vient récemment de s’achever, un évènement vraiment réussi où tu as été impliqué aux côtés de Dove. Quelles sont tes impressions à la fin ?

Nasty Nesta : Impressions positives et satisfaction. Le WAHH est un projet qui dépasse l’équipe restreinte qui travaille dessus. C’est l’évènement des gens du Hip Hop par les gens du Hip Hop. C’est ça qui est fort. Grâce à la mobilisation des rappeurs, sites internet, ingés sons, studios audios, réalisateurs, photographes, Bloggeurs, graffeurs, danseurs, volontaires nous avons pu réaliser quelque chose de fort. Les 72 heures du Hip Hop à Cotonou ont eu lieu, et nous avons découvert des talents qui j’espère vont exploser au grand jour. Nous avons pu faire asseoir à une même table des politiciens, des artistes, des journalistes, bloggeurs, des féministes, des producteurs, managers… et tout le monde a joué le Jeu. Vraiment, Dove et moi sommes fiers et nous pensons déjà à la prochaine édition.

 

Ce festival a vraiment remis en avant la culture Hip-hop dans notre zone. Quelles sont les prochains défis ?

 

Nasty Nesta : Le plus gros défi et je pense que Dove le partage serait que le WAHH s’exporte au-delà du Bénin et du Togo. Pourquoi pas la Côte d’Ivoire qui est devenue la Capitale du Rap Francophone. Ce serait intéressant… nous y pensons…sérieusement.

 

Revenons sur ta vie d’homme d’affaires. Rappelons que tu as une marque ATHD Wear qui fait un mariage de pagnes et streetwear. Comment cela évolue ? As-tu une vision précise derrière ces collections ?

Nasty Nesta : Ça évolue bien. Nous sommes une jeune marque avec des perspectives d’évolution intéressantes surtout sur le marché Européen.

L’Afrique est à la mode, notre vision est de mettre en évidence le savoir-faire des artisans Africain. Nous travaillons avec des marques de tissus africaines, des artisans Africains.

 

 

Du départ de Anouar à la signature de VANITY, parles nous de CCC version 2017. Dirait-on que c’est un crew qui devrais injecter de la jeunesse en son sein pour se maintenir sur le long terme ?

Nasty Nesta : Il y a beaucoup de rumeurs et de questions au sujet d’Anouar. ANOUAR n’a pas quitté le CREW. Il en est le créateur au même titre qu’Amir. Il a juste mis une pause à sa carrière artistique, pour se consacrer au monde des affaires où il rencontre autant de succès qu’il a pu en avoir dans la musique. Je pense qu’il développe des projets qui pour l’instant le passionnent plus que la musique, il est entier comme personne donc il s’y consacre à fond. CCC le crew se suffit à lui-même et se renouvelle. Nous sommes tous DAC, AMIR, BSYD et moi-même sur de nouveaux projets. CCC le label à toujours accueilli de jeunes artistes prometteurs. De BLAAZ à VANITY en passant par ROCCAH dénicher des talents pour en faire des artistes confirmés sont des projets qui nous motivent. Nous continuons donc ce que nous avons toujours fait.

 

Tu portes une sacrée vision pour le rap africain que tu exprimes depuis les projets « Il le fallait » ou « Je suis le Rap Africain ». Pour finir un mot à l’endroit de la jeunesse talentueuse africaine !

Nasty Nesta : En Afrique, le talent « ON EN A » ! Plein ! J’en rencontre tous les jours. Si j’ai un mot pour la Jeunesse c’est de croire en ses rêves  et de ne pas baisser les bras face à la difficulté d’être un Jeune Africain en 2017. Avec du travail et de la rigueur nous pouvons déplacer des montagnes. #ATHD (Toi-même Tu sais).

Par Jude Badombena, 29 Aout 2017

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